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Vittoria au Festival Mémoire et Racines

Festival Mémoire et Racines : retour sur les origines d’un rendez-vous incontournable du trad québécois

July 20, 2026

Trente-deux ans après sa création, le Festival Mémoire et Racines continue de faire vibrer Joliette au son des violons, des accordéons et des histoires transmises de génération en génération. Avant de devenir le plus important festival d’arts traditionnels au Québec, l’événement est né d’une idée portée par quelques passionnés qui souhaitaient donner une place plus grande à la musique traditionnelle.

Crédit photo : Folktographe

Bien que la première édition du Festival Mémoire et Racines (FMR) ait eu lieu en 1995, le projet était en réflexion depuis plusieurs années. En voyageant dans les autres provinces canadiennes et aux États-Unis, ses fondateurs, dont Normand Miron et certains membres de La Bottine Souriante, notamment André Marchand, ont découvert plusieurs festivals consacrés aux musiques traditionnelles et aux musiques du monde. Inspirés par ces événements, ils ont souhaité créer au Québec un rendez-vous similaire où la musique traditionnelle pourrait être mise à l’honneur.

« Ça n’existait pas au Québec à ce moment-là. Il y avait des festivals de chansons où il y avait du trad, mais il y en avait très peu », souligne Gilles Pitre, trésorier du conseil d’administration et ancien directeur général et artistique du Festival Mémoire et Racines.

Les fondateurs ont donc choisi d’implanter le FMR à Saint-Charles-Borromée et à Joliette, dans la région de Lanaudière, où il y avait déjà une importante communauté de musiciens traditionnels et d’adeptes du genre. « La région de Lanaudière est reconnue comme une zone très fertile pour la chanson et la musique québécoise », explique Gilles Pitre.

Dès ses débuts, l’événement avait pour mission de mettre en valeur les artistes locaux tout en créant un lieu de rassemblement pour les passionnés de musique traditionnelle. Une volonté qui demeure encore aujourd’hui au cœur de l’identité du Festival Mémoire et Racines.

Loin de l’ampleur qu’il connaît aujourd’hui, le FMR reposait, à l’époque, presque entièrement sur la mobilisation citoyenne. Les bénévoles assuraient le fonctionnement de l’événement et même les artistes acceptaient de participer sans cachet. « C’était une manière de partir le festival avec des ressources financières limitées », raconte le trésorier. Il concède que cette pratique ne se ferait plus aujourd’hui et souligne l’engouement exceptionnel qui avait poussé plusieurs personnes à s’investir sans connaître l’avenir que prendrait le projet.

La première édition du FMR s’est déroulée sur une seule journée, alors qu’aujourd’hui l’événement dure près d’une semaine. Cela n’a toutefois pas empêché les festivaliers de vivre un moment qui fait encore parler aujourd’hui.

Cette journée-là, une scène principale était installée dans un espace du parc Saint-Jean-Bosco. Alors que la journée battait son plein, un imprévu est venu changer le déroulement des activités : le transformateur électrique a sauté. Plutôt que d’arrêter les festivités, les artistes ont poursuivi leurs prestations en acoustique devant les festivaliers qui s’étaient rassemblés sous un chapiteau. « C’est intéressant parce que, dès les premières éditions, ce qui était particulier au FMR, c’était la présentation de spectacles ou d’activités sans amplification », relate Gilles Pitre à propos de cet aspect qui est encore maintenu.

Un rayonnement qui dépasse les frontières

Au fil des années, cette volonté de préserver les traditions a permis au FMR de rayonner bien au-delà de Lanaudière.

Le rendez-vous a accueilli des artistes provenant de nombreux pays , notamment de la Bretagne, de la Suède, de la Norvège et même de l’Australie. Il attire également des festivaliers venus des États-Unis, particulièrement du Vermont et de la Nouvelle-Angleterre et de la Louisiane.

Aujourd’hui, le Festival Mémoire et Racines rassemble près de 10 000 festivaliers et bénéficie de l’implication d’environ 230 bénévoles, qui cumulent plus de 4 000 heures de bénévolat. Ces chiffres témoignent du chemin parcouru par l’événement depuis ses débuts modestes en 1995.

Le FMR poursuit toujours la mission imaginée par ses fondateurs : faire vivre et rayonner les traditions musicales d’ici et d’ailleurs, tout en assurant leur transmission aux générations futures.

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